je lisais il y a quelques temps de cela un article de the economist, qui évoquait l'émergence en France d'une nouvelle sorte d'individus: les déclinologistes (nom évidemment barbare pour faire bien). cette appelation englobe tous les journalistes, écrivains et "intellectuels" (ce mot me fait toujours rire, car il ne veut rien dire, en tout cas aujourd'hui), qui professe l'apocalypse quant à l'avenir de la France, que ce soit en matière d'économie ou en matière de société...
j'ai commencé par me moquer dans ce premier paragraphe de ces gens, enfin surtout par leur nom, et par le phénomène de mode qu'il représente, oui c'est à la mode de dire que c'est fini... en gros pour faire bien, toujours dire que c'est la fin des haricots que tout va mal, mais au fond ces gens croient-ils réellement ce qu'ils disent? on entend de ci de la n'importe qui dire que ca ne va pas.
je cite un senior (c'est mon mot politiquement correct pour dire un vieux, ou en l'occurence ici une vieille car on imagine mieux la scène) "oh vous vous rendez pas compte mon bon monsieur, tout fout le camps, les jeunes sont intenables, y'a plus de respect des anciens ou de quoi que ce soit, et puis z'avez vu tous ces immigrés, de mon temps on leur faisait pas de cadeaux... si ca continue je vais encore deovir voter Le Pen..." ce à quoi le boucher répond "que voulez vous ma bonne dame tout fout le camps, c'est comme ca, on n'y peut rien, et puis vous aurait fallu quoi d'autre? un peu de jambon? un tournedos pour vot' petit fils??" et la conversation s'achève peu après. j'espère que vous aurez remarquer la petite allusion au fameux boucher d'adam smith, qui expliquait que c'est parce que le boucher est soucieux de son intérêt propre qu'il va bien faire son travail et ainsi aller mais sans le vouloir réellement dans l'intérêt des autres et dans un premier lieu de son client, sous entendu ici il va écouter les chouinades de la vieille, en sachant pertinement qu'en faisant mine de compatir, il réussira a fourguer son tournedos, qui plus est avec le célèbre "y'en a un peu plus je vous le laisse?" , ainsi il fidélise sa clientèle, vend bien, et se fait des bonus, comme quoi pour un mec du 18e siècle, il était déjà super dans le coup...
ca a beau avoir l'air drôle ca ne l'est pas tant que ca, en effet sur tous les plans la france s'écroule... sur le plan économique, la balance commerciale est déficitaire, le marché du travail est tendu, notre modèle social est en pleine perdition, le chômage fait des ravages, la société a perdu ses repères,... c'est la crise, enfin pas la "crise" dont on parle tous les jours comme ca, la vraie crise et peut être bien la dernière car il n'est pas totalement impossible qu'un point de non retour ait été atteint.
Plutôt que de parler dans le vide, je vais prendre l'exemple très à la mode du CPE qui a tant fait couler d'encre (et va peut être bientôt aussi faire couler les politiques). Comme dis plus haut, le marché du travail francais est lamentable, le chômage est extrême, et les jeunes sont les plus touchés (plus de 25%).certaines personnes ont compris (enfin...) que la solution était pour commencer la libéralisation... et dans un truc bien pompeux comme on sait si bien les faire, "la loi sur l'égalité des chances", on nous a pondu ce magnifique CPE. Idée intéressante en soi, on souhaite commencer à traiter les problèmes (1ère fois en 30ans), et c'est une première étape. Ces fameux deux ans (hier réduits à un par M. Chirac) pourrait permettre à bon nombre de jeunes, sans qualifications ni expérience, sans emplois, sans le moindre savoir-faire, et sans revenu, d'apprendre un métier, de pouvoir approcher le monde de l'entreprise encore inconnu pour eux. OUI les entreprises embaucheront et créeront des emplois (un certain nombre avec ce genre de mesure et beaucoup si elle s'étend), si elles peuvent licensier sans avoir peur de finir au prud'homme quoi qu'il arrive, ou de se trainer un boulet à vie, même si elles traversent des difficultés. les entreprises ont besoins de personnel, combien de petites entreprises (qui représente à la fois la majeure partie des emplois et la dynamique de l'économie) renoncent à poursuivre un développement déjà bien engagé car elles ont peur d'embaucher? ayant taté le secteur je peux vous dire que le potentiel est grand, car les entrepreneurs français sont très compétents, seulement aucune possibilité ne leur est donné d'exprimer leur compétence. NON, bande de socialo de mes deux, les patrons ne sont pas des salops qui ne pensent qu'à exploiter des pauvres ouvriers en leur suçant tout leur salaire jusqu'à la moelle, réveiller vous! lorque j'entends les discours syndicalistes, je suis encore plus outrés, choqué, voire même blessé de voir qu'un pays, que mon pays (même si je n'ai pas crier trop fort que c'est le mien) est handicapé par un pensée unique diffusé par une sorte de complexe socialo-communiste qui intrumente ou même intègre les médias, l'éducation nationale, les services publics en général, et même certains secteurs privés.
tiens je vais d'ailleurs vous donner un exemple à propos de l'éducation national. je suppose que vous connaissez le célèbre magazine "Alternative économique", ce magazine gauchiste (je m'arrêterai la, je risque de devenir vulgaire)... de nombreux professeur d'économie de la filière ES en impose la lecture à leurs élèves, c'est un scandale!!! de plus les élèves n'ont souvent pas le choix, leur contrôle portant souvent sur des thèmes du journal. ainsi démarre un endoctrinement des élèves, qui est d'une efficacité impressionnante-je pense que le nombre de lycée bloqué par des lycéens eux même, qui n'ont pas le droit de grève, parle pour lui même, sans parler des collèges bloqués, on croit rêver. mais ca ne s'arrête pas la... pour finir de convaincre les profs hésitant, ceux-ci touchent une commission à chaque abonnement fourgué, si cela n'est pas une honte, je ne sais pas ce que sais...
pour revenir aux déclinologistes, j'ai lu quelques ouvrages de ces gens, qui peuvent être de gauche ou de droite, et globalement, il faut dire que leur travail est intéressant, et plaisant, car il rompt avec le discours habituel, certe c'est leur principe, mais ca fait du bien d'entendre les choses dites clairement, simplement, et que la vérité complète soit dite. (cf Christophe Bouchez, Nicolas Baverez,...) seule chose, au bout d'un temps, on peut avoir l'impression de lire toujours la même chose, et de sentir la résurgence d'un projet commercial (enfin faut le tolérer, les auteurs aussi ont le droit de gagner de l'argent). En général, il n'exagère pas trop - ce qui les accuse d'exagérer percoivent généralement mal l'ensemble des enjeux - et les fins de livres deviennent leur terrain de jeu, où ils peuvent laisser libre cours à leurs idées personnelles, ou bien essayer de revenir à quelquechose de plus commun, voire même pour ceux de gauche de retrouver un discours socialisant ( ce qui dans un tel livre peut être gênant selon les manières de l'aborder). si vous avez des réactions quand à des livres ou des auteurs en particuliers de ce genre, je suis ouvert (sauf pour les critiques bateau du style "ah bah non alors, c'est pas vrai, la il exagère...")